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La microfinance, un outil essentiel pour le rétablissement des pauvres

Par Dr. Jaime Aristotle B. Alip
Fondateur et Président émérite de CARD MRI

Jaime Aristotle Alip est un entrepreneur social philippin, fondateur et directeur général de CARD Mutually Reinforcing Institutions, un groupe de sociétés composé d’une fondation, d’une banque, d’un micro-assureur, d’un institut de développement et d’un service de développement des affaires. Les entreprises ont été créées pour autonomiser les femmes pauvres des campagnes et contribuer à réduire la pauvreté aux Philippines. CARD est le plus grand institut de microfinance des Philippines. Alip a remporté plusieurs prix pour son travail, dont le prestigieux prix Ramon Magsaysay 2008 pour la fonction publique. Alip a été nommé conseiller présidentiel pour l’autonomisation économique des ruraux pauvres en mars 2011.

C’est au milieu des années 80, à une époque où les pauvres réclamaient le changement et certaines évolutions, que les institutions de microfinance (IMF) ont commencé à offrir des microcrédits de capital à bas taux d’intérêt, aux conditions de prêt flexibles et sans garantie. Cela a donné aux faibles revenus la possibilité de créer des microentreprises pour augmenter les revenus de leur famille en vue d’un avenir plus durable.

Quand beaucoup doutaient de la capacité des pauvres à rembourser leurs prêts, les IMF ont fait preuve d’une grande confiance à leur égard. En combinant le crédit et l’éducation, on a permis l’instauration chez les clients d’une discipline de crédit rigoureuse. La confiance mutuelle entre les IMF et leurs clients s’en est ainsi trouvée renforcée. Depuis lors, le taux de remboursement de ces clients de la microfinance a été louable.

Aujourd’hui, c’est un autre défi qui se présente sous nos yeux pour le secteur des faibles revenus. Les clients des IMF, dont la plupart appartiennent à cette catégorie sociale, ont ressenti l’effet inquiétant des quarantaines communautaires sur leurs moyens et sources de subsistance en raison des restrictions de mouvements imposées pour contenir la propagation du virus. Tandis que les municipalités et les villes s’orientaient vers une quarantaine communautaire générale avec des restrictions plus souples, en juin 2020, les MPME ont pu reprendre leurs activités.
En 2020, nous sommes à nouveau témoins de la manière dont les pauvres réclament le changement.

Un résultat inattendu
Conformément à la loi Bayanihan pour la guérison dans l’unité, les IMF du pays ont mis en place un délai de grâce de 30 jours pour tous les remboursements de prêts au cours du deuxième trimestre 2020. Cependant, l’inattendu s’est produit.

Les institutions se renforçant mutuellement de la CARD (CARD MRI), un groupe d’organisations qui fournissent des services de microfinance, de micro-assurance et autres services de développement communautaire, ont ouvert la majorité de leurs agences et équipes dans tout le pays après la reconnaissance de la microfinance comme service essentiel par les directives générales pour la mise en œuvre de la quarantaine communautaire (MECQ). Nos agences ont rouvert dans les zones de quarantaine communautaire générale (GCQ) et de quarantaine communautaire renforcée modifiée (MECQ), en particulier pour leur fournir ce que nous avions estimé essentiel pendant la période : retraits d’épargne, dépôts et transferts de fonds.

Nous comprenons bien que nos clients des MPME ont dû faire face à un manque de liquidités en raison de l’énorme impact du COVID-19, c’est pourquoi nous ne fondons pas nos espoirs sur leur tendance à prioriser le remboursement de leurs prêts. Lorsque nos banques ont ouvert, des clients ont commencé à demander s’ils pouvaient solder leurs prêts. En réponse, nous leur avons donné la possibilité d’accélérer le règlement de leurs prêts sans y obliger ceux qui ne pouvaient pas se le permettre. Le résultat est saisissant.

Prenons le cas de Lalaine Cabusas, membre de la CARD Bank de Pasay depuis 2015. Son activité consistait, à l’aide de sa charrette, à vendre différentes variétés de bananes. Au fur et à mesure du développement de son entreprise, elle a pu construire un étal devant sa maison de location, tout en vendant les bananes en consignation par l’intermédiaire de trois magkakariton (hommes-charrettes), au rang desquels son mari, pendant qu’elle tenait le magasin et s’occupait de leur jeune fils. La quarantaine communautaire renforcée (ECQ), qui est le type de quarantaine communautaire le plus restrictif, ne les a pas dissuadés de poursuivre leur activité, la demande restant forte. Ne sachant pas qu’elle peut rembourser son prêt même pendant l’ECQ, elle est néanmoins allée chaque semaine à la CARD Bank pour y déposer ses bénéfices. Ainsi, lorsqu’elle a appris plus tard qu’elle pouvait intégralement solder son prêt, elle l’a fait volontairement dans l’attente d’un prochain prêt plus important. Bien qu’elle ait déjà une camionnette Kia Vista d’occasion pour acheter la cargaison de bananes au port de Manille, son mari et elle ont les yeux rivés sur une deuxième camionnette. Ils prévoient d’étendre leur marché en mettant en place une livraison de gros vers Laguna et Cavite. Comme de nombreux migrants de la ville (Lalaine est originaire du Sultan Kudarat tandis que son mari est originaire d’Agusan), ils soutiennent tous deux que malgré la congestion et la pollution, c’est là qu’ils ont trouvé le chemin de la fortune.

Lorsque nous avons repris nos activités en mai, plus de 1,67 million de clients, soit 25 % du total de nos clients à l’échelle nationale, se sont portés volontaires pour payer leurs échéances en retard, qui s’élevaient à près de 2,1 milliards de pesos philippins. Ce chiffre a encore augmenté en juin, lorsque notre collecte mensuelle de prêts est passée à 5,2 milliards de PHP. En juillet, notre recouvrement de prêts a continuellement augmenté pour atteindre 6,1 milliards de pesos.

Lorsque certaines zones reviennent à une quarantaine plus stricte en raison du nombre croissant de patients COVID-19, notre recouvrement de prêts est assez faible en août avec non loin de 4.6 milliards de PHP.
L’un des facteurs critiques qui affectent le comportement de nos clients vis-à-vis de leur prêt est que CARD MRI a réussi à maintenir sa forte culture du crédit. Avant les fermetures de mars, nous avons maintenu un taux de remboursement sain, à 99,01 %.

Depuis sa création, CARD MRI a instauré une culture d’entreprise efficace et une discipline de crédit qui ont formé son personnel et ses clients. Nous organisons des formations obligatoires sur la formation de la valeur, la gestion de projet, la gestion de l’épargne et du crédit, et d’autres sujets socio-économiques grâce à notre service hebdomadaire crédit associé à l’éducation “Credit with Education” (CwE), dispensé lors des réunions du centre. Avec leur volonté de rembourser leur obligation hebdomadaire même en cas de crise, cela a prouvé que nos décennies d’éducation financière ont été efficaces car la discipline de crédit de nos clients est forte et évidente.
Histoires de reprise

Si le moratoire et les paiements de prêts sur base volontaire ont été utiles aux microentrepreneurs pendant les périodes de blocage, l’accès au capital pour alimenter la reprise de leurs activités est d’une importance primordiale alors que nous nous acheminons vers la GCQ. Dans un article de Dumlao-Abadilla paru sur Inquirer.net, les IMF sont décrites comme “essentielles dans le processus de réhabilitation post-crise”. En réponse à cela, CARD MRI a commencé à fournir des prêts à des clients ciblés afin qu’ils aient les moyens de relancer leurs activités génératrices de revenus. Les entreprises agroconnexes, les entreprises liées à la santé, les magasins de sari-sari et autres petits entrepreneurs sont nos principales priorités.

La reprise des activités des IMF a fait naître l’espoir chez de nombreux microentrepreneurs. Pour Florenda Tamayo, cliente de la CARD SME Bank, la reprise des déblocages de prêts est un développement bienvenu pour sa famille. Ils sont vendeurs ambulants de poisson, de fruits de mer, de poulet et de viande depuis 20 ans maintenant. Maintenant que les tricycles ne peuvent plus prendre de passagers, son mari fait lui-même les tournées de leurs suki. Il peut vendre de 80 à 100 kg de poisson et de fruits de mer par jour, car les gens ont maintenant tendance à attendre les vendeurs à la maison plutôt que d’affronter la chaleur intense et les longues files d’attente sur le marché. Leur magasin de sari-sari se porte bien également, car les autres magasins sont situés loin du centre de leur communauté. Ils partagent leur bonne fortune avec leur famille, même si, comme le dit Nanay Flor, “hindi naman kami makatiis na kumakain nang husto at masarap, samantalang ang ibang kamag-anak ay wala ng makain“. Traduction : nous ne pouvons pas nous permettre de bien manger alors que nos autres parents n’ont rien à manger. Même la pandémie ne peut pas mettre à bas l’esprit d’entreprise, le travail acharné et l’esprit de famille des Philippins.

Il en va de même pour Mildred Diniega. Sa famille vit d’agriculture d’aussi loin qu’on se souvienne. En rejoignant CARD, Inc. (une ONG de microfinance), sa mère a pu envoyer une fille à l’université, la seule parmi ses frères et sœurs qui ait obtenu un diplôme. Ingénieure agronome, elle est employée par le ministère de l’agriculture à Bacarra. Elle est une source de fierté et de soutien financier pour sa famille.

Avant le confinement, Mildred élevait 4 engraisseurs. Grâce à eux, la récolte de riz a pu avoir lieu, mais ils ont choisi de la garder pour leur consommation. Les 48 000 PHP tirés de la vente de porcs, du riz moulu, du salaire de sa sœur, ainsi que le revenu de 400 pesos par jour provenant du kuliglig (tracteur à main) et de l’ayuda LGU (aide) ont permis à leur famille de 10 personnes de traverser les moments les plus difficiles de la quarantaine renforcée. Ils ont même pu apporter leur aide à des parents qui n’avaient rien à manger.

Lorsque le confinement s’est poursuivi pendant des mois, elle a commencé à s’inquiéter de savoir comment ils pourraient acheter les intrants pour leur récolte de riz. Elle ne voulait pas emprunter de l’argent aux usuriers. Elle sait à quel point des intérêts exorbitants peuvent réduire les revenus. Ainsi, lorsque CARD, Inc. a rouvert en mai et qu’elle a pu obtenir un prêt de 33 000 PHP, elle a poussé un soupir de soulagement. Elle a immédiatement acheté les engrais et les produits chimiques nécessaires à l’exploitation. Sa fille, heureusement, pourra poursuivre ses études à l’université d’État Mariano Marcos. L’ONG CARD Microfinance lui a redonné l’espoir que, malgré la pandémie, sa fille devienne bientôt enseignante.

Pour les parties prenantes du CARD MRI, en particulier les clients, la reprise des opérations du CARD MRI est considérée comme les premières gouttes de pluie rafraîchissantes (Agua de Mayo) après un blocage prolongé. Nous avons déboursé des prêts s’élevant à plus de 32,7 milliards de pesos philippins à 2 842 772 clients pour la période de mai à novembre 2020. Ces clients ont également été signalés comme remboursant volontairement et avec diligence leurs prêts chaque semaine.

Se rétablir ensemble
Avec la promulgation en septembre de la loi Bayanihan pour le rétablissement dans l’unité, aussi connue sous le nom de Bayanihan 2, pour aider la nation philippine et son peuple à “accélérer la reprise et renforcer la résilience de l’économie philippine”, une période de grâce est instaurée de manière obligatoire pour tous les prêts.

Conformément à la loi, nous avons informé nos clients sur la loi Bayanihan 2, et leur avons donné la possibilité de continuer à effectuer leur remboursement hebdomadaire ou de bénéficier du délai de grâce prévu par la loi. Il est surprenant de constater que nombre de nos clients choisissent encore d’effectuer leur remboursement hebdomadaire volontairement. Depuis la collecte de 4 milliards de PHP en août, nos recouvrements de prêts ont augmenté de 6 %, rassemblant 4,9 milliards en collecte volontaire. Cette augmentation s’est poursuivie au cours des deux mois suivants, avec un total de 36,7 milliards de PHP de paiements volontaires depuis l’ouverture de nos activités en mai jusqu’en novembre 2020. Sur nos 6,7 millions de clients, 72,36 % ont déjà effectué des transactions avec les institutions financières du réseau CARD MRI.

En dépit de la situation défavorable, leur taux de remboursement s’améliore et augmente plus rapidement que prévu. Le taux de remboursement de CARD MRI a rebondi à 94,03 %, ce dont nous nous félicitons avec nos clients.
En dehors de la collecte des prêts, nos clients parviennent toujours à épargner chez nous. De mai à novembre, nous avons reçu de nos clients des dépôts d’épargne à hauteur de 12,3 milliards de pesos philippins. Comprenant que tout n’était pas fini, et malgré le dénuement causé par la pandémie, notre communauté a déjà développé ce comportement d’épargne en son sein, motivée par son objectif d’un avenir meilleur. Ils ont cette forte volonté de reconstruire leur vie à nouveau.

Leur bonne discipline pour rembourser leurs échéances hebdomadaires a ouvert la voie au rétablissement. Nous reconnaissons que nos MPME ont plus que jamais besoin de nous. Le paysage changeant rapidement, nous devons nous adapter rapidement pour les sortir du piège de la pauvreté.

En raison de la perte fréquente de nombreux moyens de subsistance due à la fermeture économique prolongée, CARD MRI a mis en œuvre des politiques visant à aider les MPME à se remettre de la perturbation des activités causée par COVID-19. De nouveaux prêts ont été immédiatement accordés aux clients admissibles de CARD dont la trésorerie de l’entreprise a été affectée.

Il ne suffit pas de les aider à régénérer l’énergie de leur entreprise. Pour un rétablissement complet, nous devons également protéger nos clients et notre personnel contre l’infection par la maladie COVID-19. Nous mettons en place une stratégie de collecte sécurisée de leurs cotisations hebdomadaires afin de gérer à haut niveau leur santé et leur sécurité. En tirant le meilleur parti des technologies actuelles, CARD MRI a proposé des canaux de paiement alternatifs grâce à un partenariat avec différentes plateformes de paiement électronique. Cela permet à nos clients de poursuivre leurs diverses transactions avec nous, avec moins de risques de contamination.

En outre, les institutions de microfinance vont au-delà des produits et services financiers. Nous prenons soin de notre communauté. Nous sommes à l’écoute pour créer des mesures appropriées. Dans le cadre de CARD MRI, nous envoyons constamment des messages et des appels à nos clients pour solliciter des informations et leur demander leur situation afin de fournir le type d’aide nécessaire.

Nous avons intégré l’ensemble des informations que nous avons recueillies, et réfléchi au service dont ils avaient réellement besoin au milieu de cette crise. Ils avaient besoin de soutien pour leur entreprise. Ils avaient besoin de services de santé. C’est ce que nous faisons en regroupant leurs produits pour publication sur une page de réseaux sociaux, leur permettant d’accéder à un plus vaste réseau de MPME. C’est ce que nous faisons en créant une application mobile de palengke (marché) qui permettra de livrer leurs produits agricoles directement aux consommateurs. Ou encore lorsque nous mettons en ligne nos médecins partenaires pour fournir des conseils médicaux gratuits. C’est ce que nous avons fait en proposant une formation gratuite sur les moyens de subsistance. Nos actions visent un impact à long terme certain sur eux, même pendant la période post-pandémique. Nous avons rapidement modifié et adapté nos services à la nouvelle norme pour nous assurer que nos clients ne soient jamais laissés pour compte.

Plus que jamais, nous pouvons utiliser la puissance des réseaux sociaux pour faire passer le message à nos clients. Nous voulions plus qu’une aide à court terme pour nos communautés. Nous leur ouvrons des accès à la survie et à la reconstruction de leur vie en mieux après la pandémie.

Appel au soutien du gouvernement
Terrie Rose Munar, cliente de la banque CARD à Tarlac, possède un magasin d’informatique (Pisonet) et un magasin de sari-sari. Pour réapprovisionner leur magasin pendant la quarantaine communautaire, son mari a dû traverser une rivière, à pied, pour s’approvisionner dans l’agglomération. Malgré tout, ils ont continué à travailler et leur entreprise a donc prospéré malgré la pandémie.

Étant le seul magasin ouvert dans sa communauté, ses affaires ont bien tourné. Pour aider sa sœur mariée, elle paie son beau-frère pour qu’il tienne le magasin et la boutique d’informatique la nuit, de sorte que ses microentreprises servent la communauté 24 h/24, 7 jours sur 7. Elle possède 14 ordinateurs dans son magasin, qui sont exploités par les clients eux-mêmes, avec un simple horodateur à monnaie. Ses clients viennent pour se divertir ou pour satisfaire leurs besoins professionnels ou scolaires. À mesure que le confinement se relâche, elle a l’intention de redémarrer les autres magasins Pisonet qu’elle a installés dans différents barangays, selon un accord 60/40 avec des propriétaires de magasins comme elle. Le réapprovisionnement de son magasin est moins difficile maintenant, car les tricycles peuvent prendre un passager pour l’amener au grand marché.

C’est grâce à l’environnement propice à la microfinance aux Philippines que des microentrepreneurs comme Terrie Rose peuvent continuer à travailler malgré les défis auxquels nous sommes confrontés. Au fil des ans, les IMF ont grandi et élargi leur portée et leur impact, en mettant en œuvre des approches holistiques du développement par le biais de services financiers et non financiers. Reconnue comme un outil de développement efficace, elle a servi plus de 9 millions de familles. Ce succès peut être attribué à plusieurs facteurs complémentaires, dont le soutien du gouvernement.

Les contributions du secteur de la microfinance à l’éradication de la pauvreté ont été mises en évidence lorsque la loi 10693 de la République ou Loi sur les ONG de microfinance a été promulguée en 2015. Cette loi accorde aux ONG de microfinance une taxe préférentielle de 2 % qui nous permet d’étendre les programmes de développement financier et communautaire. Cependant, l’impact de la microfinance serait menacé si un programme de réforme fiscale abrogeant la section 20 de la Loi de la République 10693 était mis en œuvre. Comme la microfinance s’avère être essentielle au développement du secteur à faible revenu, le secteur cherche à ce que le gouvernement continue à renforcer l’environnement des opérations de microfinance.

Avec les programmes et services déployés à grande échelle par les IMF pour sortir les Philippins de la pauvreté, nous espérons que le gouvernement pourra envisager d’allouer des fonds concessionnels pour refinancer les IMF, en particulier les plus petites. Les problèmes de liquidité ayant amené leurs opérations au bord de l’effondrement, ces petites IMF pourraient avoir des difficultés à continuer à soutenir leurs clients. Lorsque cela sera articulé dans le fonds de relance économique, les IMF pourront refinancer les activités des microentrepreneurs.

La microfinance et la microassurance vont toujours de pair. Nous avons appris, en tant que secteur, que les pauvres ont besoin d’être assurés face aux hasards de l’existence. Les associations de micro-assurance et de prestations mutuelles (Mi-MBA) offrent une protection à plus de 27 millions de personnes pauvres et à faibles revenus dans le pays. Parallèlement, les assurances non-vie fournissent une couverture en cas de sinistres, de reprise des activités et une protection santé. Pour favoriser le travail des institutions de microfinance, il faut un environnement qui soutienne également ces Mi-MBA ainsi que les compagnies de microassurance non-vie. À ce titre, nous demandons également au gouvernement de maintenir l’exonération fiscale pour les Mi-MBA et un taux d’imposition plus bas pour les primes d’assurance des compagnies d’assurance non-vie. Chaque jour, même lorsque la pandémie fait rage, ces institutions paient des millions de pesos au titre de demandes d’indemnisation des Philippins pauvres, aidant ainsi le gouvernement à atteindre ses objectifs de développement.

Les IMF sont les pionnières des frontières économiques, servant de pont entre les banques et les personnes financièrement exclues et vulnérables. Elles sont également le dernier relais du financement à destination des communautés difficiles d’accès, comme les villes insulaires et les communautés ethniques. Nous espérons que le gouvernement continuera à considérer les IMF comme des partenaires du développement en renforçant les politiques et les réformes qui soutiennent réellement nos objectifs mutuels.

Un espoir pour les marginalisés
Les Philippins sont toujours aussi résilients. Quelle que soit l’ampleur des défis, nous parvenons à rebondir. La nouvelle normalité peut exiger de nous de nouvelles façons de répondre aux besoins du secteur à faible revenu, mais nous sommes convaincus que nous ferons face à ces nouveaux changements avec le soutien du gouvernement et la compétence de nos micro-entrepreneurs. La pandémie de COVID-19 est peut-être la plus grande menace de l’histoire récente, mais cela ne nous empêchera pas de poursuivre notre objectif d’éradication de la pauvreté. Au contraire, la crise nous a amenés à réfléchir à des moyens innovants pour répondre aux besoins changeants de nos compatriotes philippins dans le contexte de la nouvelle économie. Comme l’a dit succinctement le gouverneur de Bangko Sentral ng Pilipinas, Benjamin Diokno, lors d’un forum organisé par FinTechAlliance.ph : « Grâce à nos efforts collectifs, nous pouvons nous retourner sur cette crise sans regretter d’avoir perdu des occasions. »
Source : CGAP

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