Définitions

Qu’est- ce que la microfinance ?

La microfinance donne accès à des services financiers aux personnes exclues du système bancaire traditionnel
Elle concerne la majeure partie de la population des pays en développement, mais aussi les populations défavorisées des pays développés.

La principale activité de la microfinance est l’octroi de microcrédits qui permettent de soutenir et de développer des activités économiques de petite taille.
En outre, la microfinance englobe la micro-épargne, la micro-assurance, le crédit-bail et les transferts de fonds des migrants. L’expansion récente des systèmes de paiements par téléphone portable permet d’étendre l’accès à ces services et de les rendre de plus en plus sûrs.
Les services proposés sont en constante évolution. Ainsi, la micro-assurance, qui se concentrait auparavant sur l’assurance décès et invalidité des emprunteurs, se développe dans les domaines de la santé et de l’agriculture.

La Microfinance consiste à fournir de façon durable de services financiers aux pauvres. Il incarne, à l’opposé de la plupart des autres stratégies de développement, une combinaison viable d’équité et d’efficacité par ce que l’accès aux services financiers protège et émancipe les pauvres en leur offrant plusieurs alternatives. Cependant, la plupart des institutions financières ne ciblent pas les pauvres. Elles n’ont pas une mission sociale. Ce qui distingue la microfinance de la finance classique, est qu’elle a pour but de servir les populations pauvres- et en général les populations hors d’atteinte du marché financier formel-sans l’appui de perpétuelles subventions.

Un Système Financier Décentralisé, est une Institution dont l’objet principal est d’offrir des services financiers à des personnes qui n’ont généralement pas accès aux opérations des banques et établissements financiers tels que définis par loi portant réglementation bancaire et habilitée aux termes de la présente loi à fournir ses prestations.

Les idées fortes de la Microfinance

La microfinance s’appuie sur un certain nombre de constats :
– On pensait que les pauvres étaient moins solvables que les riches.
Par des mécanismes originaux reposant notamment sur la solidarité de groupe et des échéanciers adaptés, les Institutions de microfinance (IMF) obtiennent des taux de remboursement des crédits très satisfaisants, de l’ordre de 97 ou 98 %.
– Une institution accordant des prêts de très faibles montants à des clients pauvres peut être viable financièrement, sans faire appel aux dons ou aux subventions au-delà d’une période de démarrage.
– Le microcrédit permet, même à des gens très pauvres, de développer une micro-activité génératrice de revenus, qui peut être commerciale, artisanale ou agricole.
– Les IMF peuvent contribuer fortement à l’émancipation des femmes et leur insertion dans la vie sociale et économique.

Qui sont les clients de la microfinance ?

Les clients types de la microfinance ont des revenus faibles et ne peuvent pas accéder aux institutions financières formelles.
Le plus souvent ces institutions sont tout simplement absentes, notamment en zone rurale. On compte par exemple seulement 400 agences bancaires en Ethiopie pour plus de 80 millions d’habitants.
Lorsque ces institutions sont présentes, elles imposent des conditions qui excluent de fait la grande majorité de la population.
Le client de la microfinance utilise son prêt pour créer ou développer une activité, même modeste, génératrice de revenus.
Les activités de ces micro-entrepreneurs sont liées à l’agriculture, à la transformation alimentaire ou au petit commerce en milieu rural. En ville, les petits commerçants, les artisans et les vendeurs de rue font partie de la clientèle de la microfinance. En général, ils travaillent dans le secteur informel.

Qu’est-ce qu’une institution de microfinance (IMF) ?

Une IMF est une organisation locale qui fournit des services de microfinance à une clientèle de proximité.

Des statuts variés et évolutifs

Les IMF peuvent prendre la forme d’association (ONG), de mutuelle ou coopérative, ou de société commerciale (institution financière non bancaire, voire banque de microfinance). En fonction de son statut, une IMF peut être détenue par ses membres ou par des actionnaires ayant une vision sociale plus ou moins affirmée.
De nombreuses IMF se sont transformées et sont passées d’un statut d’association à un statut de société réglementée, ce qui leur ouvre la possibilité de collecter l’épargne de leurs clients.

Un paysage réglementaire très divers

Les IMF appartenant au secteur formel (par exemple les banques de microfinance ou les institutions financières non bancaires) sont soumises à une réglementation et une supervision spécifiques par les autorités de tutelle, banque centrale et/ou ministère des Finances.
Le secteur semi-formel réunit les organisations non gouvernementales, les mutuelles et les coopératives, qui ne sont pas toujours soumises à une réglementation et supervision bancaire.
Le secteur informel inclut des initiatives à base communautaire n’ayant pas d’existence juridique, telles que les « tontines » en Afrique et les « self-help groups » en Inde.

Un rôle social fondamental

Les IMF jouent un rôle d’intermédiation financière mais aussi sociale, contrairement aux institutions bancaires traditionnelles.
Elles utilisent une méthodologie particulière pour obtenir de bons taux de remboursement des prêts, une condition essentielle de leur viabilité financière.
Des techniques de prêt qui reposent sur une bonne connaissance des mécanismes sociaux
Des mécanismes de solidarité de groupe peuvent remplacer la garantie réelle. Ainsi, dans des « groupes de caution solidaire », chaque emprunteur se porte garant pour les autres emprunteurs de son groupe.
Les taux de remboursement élevés sont favorisés par des formations au crédit, des échéanciers de remboursement adaptés (par exemple sur une base hebdomadaire), une progressivité dans le montant des microcrédits octroyés, une relation de proximité et de confiance entre le client et l’agent de crédit.

Taux d’intérêt et performance financière : Une question de transparence ?

En appliquant des taux d’intérêt couvrant leur coût global de fonctionnement, de nombreuses IMF ont réussi à développer et à pérenniser leurs activités tout en augmentant le nombre de bénéficiaires.
Les trois types de coûts qui déterminent les taux d’intérêt:
• le coût de financement : en fonction de la situation économique et financière des pays en développement, le coût de financement en monnaie locale est souvent bien plus élevé que le coût d’emprunt dans les économies les plus avancées ;
• le coût du risque lié au non-remboursement de certains emprunteurs ;
• les charges opérationnelles : ces coûts sont généralement élevés compte tenu du montant réduit et de la durée courte des microcrédits, de la nécessité d’analyser en détail chaque projet et des coûts de logistiques et administratifs associés à l’octroi des prêts et autres services, au sein des communautés villageoises.
Les charges opérationnelles sont amenées à diminuer au fur et à mesure que l’institution croît car elle réalise des économies d’échelle.

Les taux d’intérêt médians

La structure de coût des IMF et le contexte dans lequel elles opèrent, expliquent un niveau de taux d’intérêt supérieur à celui appliqué par les banques commerciales dans les pays développés.
Le taux d’intérêt médian mondial appliqué par les IMF est approximativement de 28 % par an (source : Rendement du portefeuille médian, MixMarket). Mais il varie considérablement d’un pays à l’autre.
Les activités financées, le plus souvent de nature commerciale ou artisanale, permettent d’absorber ces taux d’intérêt dans la marge dégagée.

Vers des taux plus transparents et moins élevés

Pour promouvoir le bien-être des micro-entrepreneurs pauvres et l’intégrité de la microfinance en tant qu’outil de lutte contre la pauvreté, l’ensemble des acteurs de la microfinance doit s’attacher à une meilleure transparence des prix, et s’atteler à réduire les coûts des microcrédits.

La Finance Islamique

Le terme finance islamique recouvre l’ensemble des transactions et produits financiers conformes aux principes de la Charia, qui supposent l’interdiction de l’intérêt, de l’incertitude, de la spéculation, l’interdiction d’investir dans des secteurs considérés comme illicites (alcool, tabac, paris sur les jeux, etc.), ainsi que le respect du principe de partage des pertes et des profits.

La finance islamique est une finance dont le mode de fonctionnement repose sur les principes de la charia. La justice, l’équité et la transparence sont les principales valeurs retenues par ce système de finance.